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Discours du Père Michel Abboud

Discours du Père Michel Abboud

Caritas Liban en collaboration avec l’ASBL

(Association de Solidarité Belgo-Libanaise)

et l’Organisation Handicaps Liban

Le 24-octobre-2022.

Congrès intitulé

Peut-on réduire la consommation médicamenteuse

Chers amis, Mesdames et Messieurs, bienvenue, bonjour à tous.

En cette période marquée par maintes phénomènes tels que : l’hégémonie de l’économie du libre-échange, l’exploitation des revers de la mondialisation conduites avec succès à son terme par les firmes transcontinentales et multinationales qui ne sont motivées que par l’argent et le profit, et ne pensent aucunement aux conséquences dramatiques que ces produits frauduleux peuvent affecter la santé publique et le bien-être commun, les failles des systèmes de distribution pharmaceutique, l’instabilité des pays en développement et, notamment, par les crises économiques successives de cette dernière décennie qui ont profondément creusé le fossé entre richesse et pauvreté, mettant en péril une large partie des populations, tous ces phénomènes, entre autres, ont conduit à la surconsommation médicamenteuse qui s’est développée sournoisement à l’image d’une épidémie silencieuse. Dans ces conditions, nous assistons actuellement à un questionnement alarmant capable de remettre en question la pensé pragmatique des entreprises pharmaceutiques marchande ainsi que le défaut cognitif de la consommation pervers ou la surconsommation médicamenteuse pratiqués de nos jours par la masse.

En effet, chacun du monde est amené à un moment ou à un autre de son existence à prendre des médicaments à titre préventif ou thérapeutique. Mais il arrive que les médicaments aient des effets nocifs graves s’ils ne sont pas pris correctement et si le traitement est mal contrôlé. Soignants et patients peuvent les uns comme les autres faire des erreurs qui ont des conséquences graves, par exemple commander, prescrire, distribuer, préparer, administrer ou consommer le mauvais médicament ou les surdosages et les sous-dosage au mauvais moment, les traitements inappropriés,

une surveillance inadéquate et des interactions médicamenteuses et la contrainte financière et physique qui peut rendre difficile l’achat efficace de médicaments. Toutefois, toutes les erreurs médicamenteuses sont potentiellement évitables. Pour éviter ces erreurs et les conséquences nocifs qui en résultent, il faut mettre en place des systèmes et des procédures pour que le bon patient reçoive le bon médicament et la dose qui convient, par la voie qui convient, au bon moment.

En dépit des programmes internationaux, la plupart de nos questions sur les faux médicaments et sur la surconsommation médicamenteuse demeurent sans réponse et menace la santé des populations.

Caritas est toujours prête à faire le bien, en essayant d’être aux côtés de la personne qui est dans le besoin, la personne douloureuse qui a souffert de la vie dans le passé et qui s’endurcit encore dans le présent afin de l’aider à dépasser ses misères dans l’avenir.

Caritas converge avec chaque cœur qui cherche le bien et cherche à se tenir à côté de son prochain. Cette perspective représente l’initiative de Dr. Georges Nakad à laquelle Caritas s’engage en collaboration avec l’ASBL (l’Association de Solidarité Belgo-Libanaise) et l’Organisation Handicaps Liban ainsi qu’avec les médecins et tous ceux qui travaillent dans le domaine médical afin de s’entraider pour l’atteinte de vos objectifs incarnés dans la réalisation de bien-être de la personne, voire de la communauté.

Caritas a jailli au sein de l’église et s’est inspirée de ses enseignements, elle est là pour compléter le message de Jésus et transmettre le flambeau au médecin pour continuer cette mission.

En effet, à travers nos dix centres de santé répartis au Liban, nos cliniques mobiles et nos campagnes médicales, et malgré toutes les crises, Caritas a essayé d’être toujours aux côtés de chaque personne. Elle est pleinement consciente qu’elle doit s’adapter aux crises émergentes, selon une nouvelle logique différente de la précédente. Grâce à l’enthousiasme et la connaissance, Caritas a de nouvelles décisions conformes à la situation sociale actuelle afin d’atteindre ses objectifs ultimes définis clairement par le respect des droits de l’homme et la dignité humaine.

Donc, dans ce congrès, on souhaite faire avancer le débat et favoriser une prise de conscience médiatique, culturelle et politiques des méfaits pharmaceutiques. D’ailleurs, la surconsommation médicamenteuse, malheureusement, est depuis longtemps une cause avérée de moralité des populations vivant sous le seuil de pauvreté dans les régions émergentes, menace

aujourd’hui tout autant la santé des ressortissants des pays développés, qui, de plus en plus, achètent leurs médicaments sur Internet.

En revenant au nœud du problème, il s’agit en priorité de traiter les causes plutôt que les effets, de prévenir les crimes pharmaceutiques plutôt que de chercher de l’endiguer et s’en prémunir. En outre, il faut prendre les mesures suffisantes et travailler main dans la main afin de protéger les patients du monde entier. De plus, les acteurs du cadre pharmaceutique doivent faire face à des menaces qui sont de plus en plus difficiles à anticiper et à maîtriser. Le périmètre des risques et des menaces ne cesse d’évoluer, du fait spécialement de l’accélération des avancées technologiques.

Caritas trouve donc, en l’occurrence, qu’il faut repenser l’acte de la consommation médicamenteuse pour le bien-être de tous et mettre l’accent sur l’impérieuse (irrésistible) nécessité de sensibiliser et diffuser cette culture qui constitue un enjeu majeur pour l’avenir de l’être humain et son existence. Sensibiliser, réveiller les consciences est la vocation même de Caritas. Certes, en raison d’établir la crédibilité du système de santé dans sa globalité, les gouvernements doivent mettre en place une politique publique pour lutter contre ce nouveau fléau (désastre).

Comme le dit bien Thomas Edison « le médecin du futur ne donnera pas de médicaments, il formera ses patients à prendre soin de leurs corps, à la nutrition, aux causes et à la prévention des maladies ».

Au nom de l’Association Caritas du Liban, Monsieur le Ministre, Monsieur le syndicat des pharmaciens, Mesdames et Messieurs les médecins venus de Belgique, Mesdames et Messieurs l’équipe médicale et ceux qui nous ont rejoints aujourd’hui, nous vous souhaitons la bienvenue et nous vous remercions pour votre collaboration et le bon travail effectué. Mettons-nous dans ce four pour être modelé au besoin de la société, il n’est pas raisonnable de prendre le présent comme tel et de ne pas changer. Nous avons mis un titre : Au lieu d’aller en Belgique pour assister à la conférence, la Belgique est venue vers nous.

Grand merci à vous.

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